pintores colombianos
German Rodriguez

Présentation

Parler de mon travail de peintre c'est résumer ma vie. Avec le temps, l'esprit s'éclaircit avec les expériences. Le plus important pour moi, c'est d'avoir conscience que la vie n'est que le résultat d'un hasard contrôlé.

Au début, mon idée de l'art s'accordait avec une conception réaliste de la représentation. Mais, à un certain moment, quelque chose m'amena à déduire que tout Art contient une essence spirituelle qui conduit l'esprit de l'observateur vers des lieux que, seul un monde intérieur plein de richesse peut assimiler.

Durant ces courtes années de travail, j'ai navigué sans limite entre les mondes de la figuration et de l'abstraction. Une des grandes chances de l'artiste est sa liberté et ce qui peut lui arriver de pire, c'est de la sacrifier. Notre travail ne peut pas être conditionné par des intérêts. Peindre est un don qui nous vient je ne sais d'où, mais qui est en nous à tous moments , que ce soit en tendant une toile, en préparant un papier, en parlant avec des amis, ...

L'artiste s'exprime dans chacun des gestes, même les plus simples, qui participent à la construction d'un tableau. Je parle de construction, parce que peindre c'est construire, en cherchant une harmonie qui peut se refléter de diverses manières, en accord avec l'esprit et la sensation immédiate. Pour ce qui est de la sensation, c'est un aspect essentiel de mon travail. Lorsque je prépare un support, il m'est impossible de déterminer une idée exacte et je cherche dans chaque espace de cette superficie qui, peu à peu, cesse d'être plane pour se convertir en Monde.

Dès qu'une idée s'insinue, elle peut connaître des variations, mais arrive un moment où l'image me heurte, comme si un voile se levait brusquement et ce Monde me dit : "Ne me touche pas, parce que maintenant c'est moi qui commande." Moment de réflexion, de contemplation, de quiétude. Mais toujours avec l'idée que ce monde aurait pu être meilleur.

Cette inconformité incite constamment au travail car ce dernier est toujours perfectible, d'où la nécessité de recommencer et d'attendre que le hasard nous conduise sur des chemins plus féconds.